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© 2019 by Y—D     Yannick Dubois

                                                         wallophoto@outlook.fr

Pourquoi l’exposition est-elle si importante pour réussir
de belles photos ?

Pourquoi l’exposition est-elle si importante pour réussir de belles photos ?

Bon, après un départ un peu ambitieux sur le minimalisme en photographie, je me suis dit qu’il valait mieux commencer par le commencement et débuter par les bases de la photographie… un élément indispensable à comprendre pour faire de bonnes photographies (après le fait de bien tenir son appareil photo… un autre article est en cours à ce niveau 😉), la notion d’exposition, l’impact qu’elle a sur vos photos et les paramètres que vous pouvez contrôler et qui l’influencent.

Non seulement cela vous donnera la garantie d’obtenir de belles photos (et le cas échéant de pouvoir les contraster plus efficacement en post-production… nous y reviendrons plus tard), mais en plus, cela vous aidera rapidement à comprendre pourquoi certaines de vos photos sont quelconques, floues, présentent plein de petits points blancs quand vous les agrandissez ou sont même carrément ratées… et à y remédier !!!

En plus, rassurez-vous, longtemps j’ai cru que la photo c’était quelque chose de bien compliqué… mais quand on s’y arrête un instant et que les bases sont bien expliquées… (ce que j’espère arriver à faire avec vous !), en réalité, c’est assez simple et logique !

Qu’est-ce que l’exposition ?

Là, on ne peut plus simple… l’exposition est la quantité de lumière qui sera captée par votre appareil lors de la prise d’une photo. Si elle est trop faible, la photo sera trop sombre… si elle est trop élevée, la photo sera trop claire. Trop sombre ou trop claire, on perd alors nombre de détails et cela rend la photo bien peu esthétique... ou pire !

Photo sous-exposée

Photo surexposée

Photo correctement exposée

Une photo réussie est donc, entre autres, une photo prise avec juste la bonne quantité de lumière qui permet une retranscription fidèle de la scène que vous photographiez. Et comme on ne contrôle pas la quantité de lumière qui inonde (ou pas ! je suis belge !!!) une scène, il faut alors paramétrer l’appareil pour qu’il capte et/ou laisse entrer plus ou moins de lumière lors de la prise de vue.

Pour ce faire… c’est assez simple… il suffit de prendre en compte trois éléments… le triangle magique de l’exposition !

Quels paramètres influencent l’exposition.. ou le triangle d’or en photographie

Et oui, en réalité, seul trois éléments sont à comprendre et maîtriser pour obtenir une exposition correcte… mais aussi pour, par la suite, booster votre créativité en photo. Des articles spécifiques sur chacun de ces éléments arriveront d’ailleurs prochainement ainsi qu'un article sur la manière dont ces éléments interagissent les uns avec les autres au sein du triangle d'or (élément indispensable à  comprendre pour progresser facilement et rapidement en photo).

Il s’agit de :

  • L’ouverture (Aperture en anglais)

  • La sensibilité

  • La vitesse (Speed en anglais) ou durée d’exposition 

 

En mode automatique, bien souvent, votre appareil photo fait le nécessaire tout seul pour équilibrer ces trois critères et vous permettre d’obtenir une photographie bien exposée.

Dans les modes semi-automatiques (PAS) , il vous permet de définir les valeurs soit de
l’ouverture (Mode A ou Av), soit de la vitesse (mode S ou Tv), soit de l’Iso (mode P) pour
un couple ouverture/vitesse donné et équilibre les autres critères en fonction.

Dans le mode manuel (M), il vous faudra vous-même paramétrer l’ensemble
des critères en vue d’obtenir une exposition adéquate.

Bref, hormis dans le mode M, l’appareil photo fait le travail à votre place et… bien souvent… ne se trompe pas et vous permet ainsi d’avoir une photographie correcte.

Toutefois, sa basant sur des valeurs moyenne de luminosité à obtenir sur toute la photo, l’appareil se trompe parfois, laisse le capteur trop longtemps ou trop peu longtemps exposé à la lumière et vous impose alors de prendre la main pour obtenir un résultat optimal. Sans cela vos beaux ciels bleus peuvent devenir tout blanc (on dira que le ciel est cramé) et les détails situés dans l’ombre d’une photo tout noir (on dira les ombres bouchées). Le tout sera parfois irrécupérable en post-production (pour ceux qui font de la post-production).

Bon d’accord, il se trompe parfois… mais comment je le vois, moi, s’il se trompe ?

Outre les photos pour lesquelles le problème d’exposition est évident (mais ces cas sont relativement rares avec les appareils photos actuels), il est vrai qu’il n’est pas toujours aisé ; au départ ; de voir à l’œil nu si une photo est bien exposée. Deux éléments peuvent vous aider à vérifier si votre exposition est correcte. En réglant correctement votre appareil, vous verrez ces informations apparaître (sur ou à côté de la photo) sur votre écran de contrôle après la prise de vue.

  • Alerte de surexposition – faire apparaître les zones cramées

-          Alerte de surexposition – faire apparaître les zones cramées

Bien que le nom de cette fonction change d’un appareil photo à l’autre, vous trouverez celle-ci sur tous les appareils reflex…
il suffit de chercher un peu !
Cette fonction est très pratique et facile à comprendre. Elle vous permet de voir directement à l’écran (la zone clignote en noir, en rouge ou avec des rayures) les zones cramées lors de la prise de vue. Ces zones seront totalement blanches au développement, ne présenteront aucun détail et ne pourront être retravaillées en post production. Tous les pixels de la zone sont blancs et non différenciés les uns des autres… impossible donc par la suite de redonner de la texture à votre photo à cet endroit.

Le problème n’est pas trop grave si seules quelques petits points localisés sont concernés sur la photo… mais beaucoup plus ennuyeux, par exemple, si tout votre ciel est concerné.

Si tel est le cas, il vaudra mieux recommencer la photo pour tenter de minimiser les zones cramées…

 

Pour ceux qui comptent travaillez leurs photos en post-production rappelez-vous qu’une zone cramée est irrécupérable. Il vaut donc mieux légèrement sous-exposer votre photo pour éviter ce phénomène et venir récupérer les zones d’ombre par la suite (nous reparlerons de cela dans un autre article).

Alerte de surexposition activée... les zones rouges montrent les blancs totalement indifférenciés... plus aucune texture n'est apparente dans ces zones.
Le ciel et une bonne partie de la neige sont totlament blanc... sans détails apprents !

 

  • L'histogramme

 

Voilà encore quelque chose qui peut sembler compliqué au premier abord mais qui, en réalité, donne simplement quelques éléments de contrôle indispensable.

L’histogramme est un graphique qui vous permet facilement de voir si certaines zones de votre photo sont sous-exposées ou surexposées.

 

Sur l’histogramme, en ordonnée (axe vertical), la répartition des tons. A gauche, les tons foncés, à droite les tons clairs.
En abscisse (axe horizontal), le nombre de pixel

 

Rien de mieux qu’un exemple pour vous aider à comprendre l’utilité de l’histogramme…

 Pour chaque cas différent, vous pourrez voir trois éléments : l’histogramme, la photo et la photo avec alerte d’exposition

 

Photo surexposée : on voit très bien ici que l’histogramme de la photo est décalé vers la droite. De nombreux pixels sont donc dans des tons très clairs. Certains pixels sont même carrément cramés vu que l’histogramme semble être interrompu sur la droite. La photo est trop blanche, délavée, donne envie de plisser les yeux et l’on voit sur la dernière image les zones totalement blanches au sein desquelles plus aucun détail ne sera récupérable en postproduction.

Photo normalement exposée : on voit ici que l’histogramme ne présente pas de pics totalement à droite ou totalement à gauche. Les pixels sont répartis plus globalement sans que l’histogramme ne déborde d’un côté ou de l’autre. Dans ce cas, pas (ou très très peu) de zone d’ombres bouchées ni de zones claires cramées… la photo est correctement exposée.

Photo normalement exposée : on voit ici que l’histogramme ne présente pas de pics totalement à droite ou totalement à gauche. Les pixels sont répartis plus globalement sans que l’histogramme ne déborde d’un côté ou de l’autre. Dans ce cas, pas (ou très très peu) de zone d’ombres bouchées ni de zones claires cramées… la photo est correctement exposée.

Photo sous-exposée : on voit un histogramme décalé vers la gauche. De nombreux pixels sont donc dans des tons très foncés. Certaines ombres sont même bouchées au point qu’elles apparaîtront noires avec une perte de détail dans l’image. La photo est trop sombre et l’on voit sur la dernière image les zones totalement noires au sein desquelles plus aucun détail n’est visible.

J’espère que ces trois exemples vous auront permis de mieux comprendre l’histogramme et la fonction d’alerte à la surexposition (ou sous-exposition) afin de détecter la qualité d’exposition de vos photos.

Alors concrètement, comment utiliser l’histogramme en pratique…

  1. Faite une première photo en laissant votre appareil photo décider de l’exposition

  2. Contrôlez la photographie réalisée sur votre appareil ainsi que l’histogramme correspondant

  3. Si l’histogramme (et donc la photo) ne correspond pas à vos attentes, tentez de corriger l’exposition

    • Si l’histogramme est trop à gauche, surexposez légèrement (voir l’article sur la correction d’exposition) et faite une nouvelle tentative… retour au 1

    • Si l’histogramme est trop à droite, sous-exposez légèrement (voir l’article sur la correction d’exposition) et faite une nouvelle tentative… retour au 1

    • Si vous comptez retravaillez vos photos en post-production avec un programme de type Lightroom, tentez d’obtenir un histogramme le plus à droite possible sans toutefois couper votre histogramme…  
      Une photo réalisée avec un tel histogramme, même si elle ne semble pas parfaite au départ, vous donnera le plus de latitude possible en postproduction pour obtenir le résultat que vous souhaitez.
      En effet, des tons blancs cramés sont irrécupérables… à éviter donc… par contre, des tons foncés bouchés sont généralement plus faciles à récupérer…

En conclusion...

Si ces différents éléments ne vous permettent toujours pas d’aboutir au résultat souhaité (ce qui est très peu probable dans la majorité des cas), vous pouvez alors vous-même définir la manière dont l’appareil va mesurer la lumière de la scène (mode de mesure de la lumière), jouer sur un des trois éléments du triangle magique ou encore utiliser la fonction de bracketing d’exposition… mais pas trop vite… chacun de ces éléments fera l’objet d’un article spécifique et pour bien comprendre ceux-ci, il est d’abord utile de comprendre un peu plus finement ce que sont les différents paramètres du triangle magique…

 

Vous retrouvez cela dans les trois articles suivants (à venir !) :

  1. Qu’est-ce que la vitesse d’obturation : impact sur l’exposition et la pris de photo de personnes en mouvement

  2. Qu’est-ce que l’ouverture : impact sur l’exposition et le flou d’arrière-plan (bokeh)

  3. Qu’est-ce que la sensibilité : impact sur les paramètres de l’exposition et sur la qualité de vos photos.